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Tout sur les privilégiées

La plupart des investisseurs connaissent jusqu’à un certain point les actions, les obligations et bien entendu, les CPG. Mais bien souvent, ils ne savent pratiquement rien d’un placement qui ressemble à la fois à une action et à une obligation : les actions privilégiées.

Que sont les privilégiées?

Une action privilégiée est un titre de participation qui distribue des montants réguliers provenant des bénéfices de la société émettrice et appelés dividendes. Ces actions portent l’étiquette « privilégiées » parce que leurs porteurs possèdent un droit prioritaire sur les bénéfices, avant tout paiement aux actionnaires ordinaires.

Comment elles fonctionnent

Contrairement aux actions ordinaires, les privilégiées ne permettent pas aux investisseurs de participer à la croissance de l’entreprise. Vos droits consistent à recevoir un montant fixe de dividendes et à avoir priorité sur les actifs de la société avant les actionnaires ordinaires, en cas de liquidation.

Les actionnaires privilégiés obtiennent le droit de vote relativement aux affaires de la société seulement si celle-ci a omis de verser un certain nombre de paiements de dividendes. Lorsque l’entreprise produit à nouveau des bénéfices, les actionnaires privilégiés ont généralement le droit de percevoir alors tous les versements de dividendes qui avaient été suspendus, avant que les actionnaires ordinaires ne reçoivent quoi que ce soit. Les privilégiées qui ne comportent pas ce droit s’appellent des privilégiées non cumulatives.

À bien des égards, les privilégiées sont semblables à des obligations, sauf qu’elles n’ont pas de date d’échéance. Elles sont souvent émises à leur valeur nominale de 25 $, 50 $ ou 100 $.

Les paiements de dividendes fixes, la plupart du temps trimestriels, sont comme des intérêts sur des obligations. De plus, la valeur des privilégiées fluctue tout comme les obligations : lorsque les taux d’intérêt baissent, les cours montent, et vice-versa.

Les paiements sur les privilégiées s’appellent le rendement. Pour calculer celui-ci, il vous faut d’abord établir le dividende annuel en tant que pourcentage du prix que vous avez payé pour les actions. Par exemple, si vous avez déboursé 25 $ pour des privilégiées qui versent au total 1,75 $ par année, votre rendement sera de 7 % (soit, 1,75 $ divisé par 25 $ par action x 100 = 7 %).

Les risques

Comme la valeur des privilégiées réagit aux variations des taux d’intérêt, si les taux augmentent et si vous devez vendre vos actions, vous pourriez en retirer moins que votre coût d’achat. C’est parce que le rendement de vos privilégiées ne sera probablement plus concurrentiel par rapport à d’autres placements, suite à la progression des taux.

Par conséquent, vous devrez sans doute abaisser le prix de vos privilégiées afin que les dividendes fixes donnent à l’acheteur un rendement attrayant. Il existe aussi un risque que la société émettrice voie ses affaires péricliter et qu’elle n’ait pas les liquidités pour verser les dividendes. Dans ce cas, vous pourriez vendre vos actions privilégiées à perte. En effet, les autres investisseurs ne seront guère intéressés à acheter des privilégiées qui ne versent pas de dividendes.

Si la société fait faillite, vous perdrez probablement de l’argent sur vos privilégiées mais peut-être moins que si vous aviez acheté des actions ordinaires.

Les privilégiées vous donnent droit à un montant fixe en cas de faillite de la société. Mais vous ne pourrez recevoir un paiement qu’après le remboursement des porteurs d’obligations et autres créanciers.

Les avantages

Très souvent, le rendement des actions privilégiées est plus élevé que celui d’autres placements à revenu fixe, comme les obligations. C’est parce que les risques sont moins sécurisés; alors, le rendement plus élevé compense les risques plus élevés courus par l’investisseur.

Vu que les privilégiées réagissent inversement aux mouvements des taux d’intérêt, les investisseurs peuvent réaliser des profits en vendant après les chutes de taux d’intérêt. Les revenus que les actionnaires touchent à titre de dividendes sur leurs privilégiées sont moins imposés que les intérêts sur obligations et l’investisseur obtient ainsi un revenu net plus élevé.

À long terme, les actions privilégiées affichent une performance supérieure à celle des obligations mais inférieure à celle des actions ordinaires, selon Kenneth Winans. Dans son best-seller « Preferreds: Wall Street’s Best-Kept Income Secret », Winans précise que de 1900 à 2007, les obligations de sociétés ont produit un rendement annuel moyen de 6,3 % et les privilégiées, 7,4 %. Quant aux actions ordinaires, elles ont rapporté en moyenne 10,7 % par an.

Rendement après impôts

Actuellement, les investisseurs traversent une période difficile. Les taux d’intérêt sont au niveau historiquement le plus bas, de sorte que des valeurs-refuge traditionnelles comme les CPG ont perdu leur attrait. Les grandes banques n’offrent actuellement que moins de 2 % sur les échéances à cinq ans, ce qui ne s’était plus vu depuis les années 1950. Mais les privilégiées sont une option intéressante pour les investisseurs qui désirent des revenus. Très souvent, les privilégiées offrent un rendement supérieur à celui des CPG et en plus, les investisseurs bénéficient d’un traitement fiscal favorable avec le crédit d’impôt pour dividendes.

Cela signifie que le rendement après impôts est plus élevé. Par exemple, un contribuable se trouvant dans le taux marginal d’imposition le plus élevé de l’Ontario, soit 46,41 % sur les revenus d’intérêt reçus en 2009, ne paiera qu’un taux d’imposition effectif de 31,34 % sur les revenus qu’il encaisse sous la forme de dividendes.

Cela n’est pas qu’un allègement fiscal destiné aux contribuables fortunés. En fait, ce crédit d’impôt est le plus efficace dans le cas de contribuables à plus faibles revenus. Si en 2009 votre revenu imposable se situe dans la fourchette de 15 659 $ à 36 848 $ en Ontario, votre taux d’imposition effectif des dividendes ne sera que de 3,23 %. Ce taux varie selon votre province de résidence mais, dans les faits, le principe est le même partout au Canada.

Cote de sécurité

Comme les obligations, les actions privilégiées reçoivent une notation de sécurité décernée par les agences de notation canadiennes selon une échelle allant de Pfd-1 (la plus haute sécurité) à Pfd-5 (la plus faible sécurité).

Les privilégiées ayant une cote basse offrent généralement un rendement plus élevé et même peut-être beaucoup plus élevé, et vous devez user d’une grande prudence si vous désirez y investir. Une notation basse est un signal d’alarme : elle signifie que la société éprouve probablement des difficultés financières. Si vous rencontrez des privilégiées dont le rendement est vraiment très élevé, il y a sans aucun doute une bonne raison. On n’a rien pour rien.

Vous pouvez consulter les notations des actions privilégiées sur le site internet de Dominion Bond Rating Service à http://www.dbrs.com.

Les genres d’actions privilégiées

Il existe plusieurs types d’actions privilégiées et vous devriez comprendre leurs différences avant d’investir.

  • Privilégiées à taux fixe – Le paiement de dividendes est fixe et il ne varie pas pendant la durée de l’émission. Par conséquent, ces privilégiées sont plus sensibles aux variations des taux d’intérêt et leur cours peut être plus fortement influencé par les politiques monétaires de la Banque du Canada.
  • Privilégiées à taux flottant – Elles versent des dividendes qui varient selon une formule liée à la situation des marchés. Par exemple, le dividende peut être calculé en pourcentage du taux bancaire préférentiel.
  • Privilégiées non cumulatives – Lorsqu’un versement de dividende est omis sur des privilégiées régulières, il doit être rattrapé plus tard, avant que les actionnaires ordinaires ne puissent encaisser des dividendes. Ce n’est pas le cas en ce qui concerne les actions privilégiées non cumulatives, qui sont souvent émises par des grandes banques; elles sont donc un peu plus risquées. Par contre, ces privilégiées non cumulatives offrent généralement un meilleur rendement, ce qui vous compense pour les risques accrus.
  • Privilégiées à dividendes en $ US – Certaines émissions d’actions privilégiées canadiennes sont libellées en $ US et versent leurs dividendes dans cette devise. Ce sont surtout des banques qui émettent ce genre de titres. Les privilégiées à dividendes en $ US sont admissibles au crédit d’impôt pour dividendes et elles permettent d’envisager des gains de change, lorsque la valeur du dollar canadien baisse.
  • Privilégiées convertibles - L’investisseur peut convertir de telles privilégiées en actions ordinaires selon une formule établie d’avance. Cela peut valoir des gains en capital importants si la valeur des actions ordinaires augmente bien au-delà du prix de conversion.

CES RENSEIGNEMENTS VOUS SONT-ILS UTILES?