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Les obligations (Partie 1)

Illustration of antique bonds

Le marché obligataire n’a rien d’une vedette. Lorsque l’économie tourne à plein régime, on entend rarement parler des performances alléchantes des obligations ou des fonds d’obligations.

Cependant, pour la plupart, les conseillers financiers recommandent que tout investisseur diversifie son portefeuille à l’aide d’actions, d’obligations et de réserves de liquidités, selon des pourcentages variés d’après la situation et les objectifs de chaque personne.

Malgré cela et bien que la plupart des investisseurs comprennent ce que sont les actions, ils sont bien peu nombreux à savoir exactement ce qu’est une obligation ou quelles sont ses caractéristiques. Cet article propose donc une introduction aux obligations.

Que sont les obligations?

Une obligation est une forme de dette d’un gouvernement ou d’une société. C’est un engagement contractuel de l’émetteur (un gouvernement ou une société) et on peut dire que c’est une reconnaissance de dette. Lorsque l’on achète une obligation, on consent un prêt à l’émetteur, pour une durée et à un taux d’intérêt spécifiés. À la fin de la période (donc, à la date d’échéance) l’acheteur reçoit de l’émetteur un remboursement de la valeur nominale de l’obligation (le capital).

Pourquoi investir dans des obligations?

Habituellement, les obligations versent des revenus réguliers et le capital est remboursé à l’échéance. Beaucoup de gens investissent dans les obligations pour préserver et accroître leur capital, ou pour obtenir un flux de revenus fiable. Quelle que soit la raison, soit économiser en vue des études postsecondaires de vos enfants, acheter une nouvelle maison, augmenter votre capital de retraite ou tout autre objectif, les obligations peuvent être un moyen de réaliser vos ambitions.

Comment les obligations se comparent-elles aux actions?

Les obligations sont très différentes des actions. Lorsque l’on achète une action, on acquiert une tranche de propriété de la société. On devient en quelque sorte copropriétaire de l’entreprise.

Mais en achetant une obligation, on fait un prêt à la société ou au gouvernement qui l’émet. Dans ce cas, l’investisseur est plutôt un banquier ou un prêteur qu’un propriétaire.

Les obligations ressemblent-elles aux CPG?

Les obligations et les CPG (certificats de placement garantis) sont semblables à bien des égards. Ces deux placements ont une valeur nominale (le capital), ils produisent des intérêts à un taux fixé d’avance et ils ont une date d’échéance.

Il existe cependant plusieurs différences entre ces types de valeurs à revenu fixe.

Caractéristiques des CPG :

  • Habituellement, ils sont émis par des banques, des caisses populaires ou des sociétés de fiducie.
  • La plupart ont une échéance allant d’un à cinq ans.
  • Ils ne sont pas remboursables avant l’échéance (bien que les banques acceptent de les prendre en garantie d’un prêt en cas de besoin urgent de fonds).
  • Les intérêts peuvent être versés mensuellement, trimestriellement, semestriellement ou une fois par an.
  • Habituellement, les acheteurs sont des investisseurs privés.
  • Il n’y a ni frais ni commissions : l’émetteur encaisse des gains en prêtant l’argent à un taux supérieur à celui qu’il verse sur les CPG.
  • Il n’existe pas de marché secondaire pour revendre des CPG.
  • Ils sont la plupart du temps couverts par l’assurance-dépôts (jusqu’à 100 000 $).
  • Ils sont principalement émis en dollars canadiens.

Caractéristiques des obligations :

  • Les émetteurs gouvernementaux (fédéral et provinciaux) forment environ 70 % du marché obligataire, le reste étant des sociétés (banques, services publics, détaillants et sociétés de ressources, pour ne nommer que celles-ci).
  • La durée jusqu’à l’échéance peut aller de 1 à 30 ans (et même plus).
  • Elles ont diverses caractéristiques de rachat (et on peut les utiliser en garantie de prêts).
  • Habituellement, les intérêts sont versés semestriellement, mais certains émetteurs les paient mensuellement ou annuellement.
  • Les investisseurs sont les gouvernements, les banques, les fonds de pension, les compagnies d’assurance vie et les sociétés de fonds communs de placement.
  • Il existe un vaste marché secondaire pour les obligations où l’on peut les acheter et les vendre (on peut donc vendre des obligations immédiatement en cas de besoin d’argent).
  • Il n’y a pas de frais ni de commissions payés directement; les courtiers d’obligations encaissent des profits sur la différence des prix entre les acheteurs et les vendeurs de la même obligation.
  • Elles ne sont pas couvertes par l’assurance-dépôts. Cependant, le marché obligataire utilise des notations (ou cotes) de crédit décernées par des sociétés indépendantes, pour évaluer la solvabilité des émetteurs. Comme les gouvernements sont les principaux émetteurs d’obligations, la qualité de celles-ci est généralement plus élevée que sur la plupart des CPG.
  • La majorité des obligations émises au Canada sont libellées en dollars canadiens, mais certains émetteurs utilisent d’autres monnaies. De plus, les investisseurs peuvent aussi acheter des obligations émises dans d’autres pays.

Pour résumer, les obligations ressemblent beaucoup aux CPG. Mais elles ont des échéances plus longues, elles offrent un plus vaste choix d’émetteurs et elles bénéficient d’un marché secondaire pour effectuer des transactions.

Comment lire les cours des obligations dans le journal?

La cote des obligations peut ressembler à ceci :

Émetteur Coupon Échéance Offre Demande
Gouv. Canada 5,75 % 1er juin 2033 99,25 99,75

Cette cote signifie que ce jour-là, une obligation du gouvernement du Canada au taux de 5,75 % et venant à échéance le 1er juin 2033 se vendait au prix de 992,50 $ et s’achetait au prix de 997,50 $ par tranche de 1 000 $ de valeur nominale (capital). Ces cotes comprennent quelquefois le « rendement » de l’obligation. Ce rendement est le résultat d’un calcul qui tient compte du paiement des coupons et du gain ou de la perte lors de l’échéance. Dans notre exemple ci-dessus, on peut acheter une obligation à un prix « escompté » de 997,50 $, mais à l’échéance, le remboursement sera de 1 000 $.

Certains journaux publient un seul prix pour les obligations, qui peut être l’offre, une moyenne de la journée entre les cours acheteur et vendeur, ou un prix qui n’est qu’une estimation par rapport au niveau courant des taux d’intérêt.

Quel est l’aspect d’une obligation?

Les certificats d’obligations et d’actions ont une certaine ressemblance. Voici de quoi a l’air une obligation typique :

Sample illustration of a bond with explanation call-outs of important features

Les obligations (Partie 2)

Dans la deuxième partie, nous examinerons le sujet de façon plus approfondie et nous parlerons du marché obligataire et de la manière d’acheter des obligations, nous verrons comment on établit leur notation et nous examinerons certaines catégories comme les obligations à coupons détachés, les obligations à coupon zéro et les obligations de pacotille.

CES RENSEIGNEMENTS VOUS SONT-ILS UTILES?