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Les obligations (Partie 2)

Illustration of antique bonds

C’est bien évident, les obligations n’ont pas la même allure dynamique que les actions. Ce n’est pas un sujet favori chez les animateurs d’émissions télévisées.

Le fait est que l’on n’achète pas des obligations pour bénéficier d’un potentiel de profits élevés, mais bien plutôt pour leur double rôle de diversification et de stabilisation. Pour la plupart, les investisseurs possèdent des obligations dans leur portefeuille, soit sous la forme de titres individuels ou par le biais de fonds communs de placement. Mais dans l’ensemble, les investisseurs privés ne savent à peu près rien sur les obligations et sur leurs émetteurs.

Si vous avez lu la première tranche de cet article, Les obligations (partie 1), vous avez une certaine connaissance générale des obligations et de leurs caractéristiques. Nous irons maintenant un peu plus loin dans les détails sur le marché obligataire, les genres d’obligations et la façon de leur attribuer une notation.

Qu’est-ce que le « marché obligataire »?

Historiquement, presque toutes les transactions d’obligations au Canada se traitent sur le marché au comptoir, bien qu’un petit nombre de titres soit coté à la bourse TSX.

Les transactions au comptoir s’effectuent par des courtiers négociants. Dans les grandes maisons de courtage, ce travail est réparti entre plusieurs spécialistes. Un groupe s’occupe des titres du marché monétaire, un autre des obligations gouvernementales à long terme du Canada et des provinces, un autre des obligations de sociétés, et ainsi de suite.

Les services des ventes et de la négociation fonctionnent en étroite collaboration. Les employés des ventes demandent des cotations pour les clients désireux d’acheter ou de vendre, et les employés de négociation fournissent ces renseignements, y compris des cotations sur des titres appartenant à la maison de courtage ou disponibles sur le marché.

Le prix sur le marché s’établit généralement par négociation entre l’acheteur et le vendeur bien que, dans les situations où il existe une série d’offres et de demandes en vue d’atteindre des consensus, il se produise des enchères, jusqu’à un certain point.

Parmi les facteurs qui influencent le prix des obligations, on note le niveau des taux d’intérêt, la notation de crédit de l’émetteur, la durée jusqu’à l’échéance des titres, le taux du coupon et les caractéristiques particulières.

Comment peut-on acheter des obligations?

En tant qu’investisseur, il faut s’adresser à un courtier. On lui donne la commande par téléphone ou internet. Ainsi, par l’entremise du courtier on place un ordre d’achat (ou de vente) à un prix spécifique, ou au prix du marché. En l’absence de précision, on considère qu’il s’agit d’un ordre au prix du marché. Chez la plupart des maisons de courtage, l’ordre est valide jusqu’à son annulation ou son exécution, sauf instructions contraires.

Qui émet des obligations?

Diverses sources émettent des obligations. Les obligations gouvernementales au Canada sont émises par les trois paliers de gouvernement : fédéral (par l’entremise de la Banque du Canada qui joue le rôle d’agent fiscal), provinciaux et municipaux.

Les obligations de sociétés sont émises par des sociétés, par l’entremise de maisons de courtage (le plus souvent, en groupe). Celles-ci créent et achètent l’émission d’obligations, versent le produit à la société et revendent les titres aux investisseurs institutionnels et privés.

Comment on mesure les risques

L’évaluation de la qualité des obligations de sociétés en tant que placement repose en partie sur divers calculs quantitatifs qui sont des tests pour savoir si la société est capable de faire face à ses obligations de paiement.

  1. Couverture des intérêts – c’est généralement considéré comme le plus important test quantitatif. On estime qu’il est nécessaire d’avoir un niveau de bénéfices nettement supérieur aux besoins pour payer les intérêts, à titre de protection contre d’éventuelles difficultés futures. Plus cette couverture est élevée, plus la marge de sécurité est grande.
  2. Remboursement de la dette – les analystes cherchent à évaluer la capacité de remboursement de la dette en établissant un lien entre les flux de trésorerie générés à l’interne et l’endettement total. Un ratio relativement élevé de flux de trésorerie par rapport à l’endettement est considéré comme positif et à l’inverse, un ratio bas est considéré comme négatif. Les analystes formulent des normes minimales pour évaluer la capacité de remboursement des dettes et cela est pratique aussi en offrant une perspective différente de l’évaluation de l’endettement.
  3. Ratio d’endettement – il mesure l’ampleur du financement des dettes d’une société par rapport à son capital-actions. Lors des périodes d’expansion, un fardeau d’endettement excessif peut ne poser aucun problème, mais cela risque toutefois d’hypothéquer gravement les ressources financières de l’entreprise lors des périodes plus difficiles. La prudence veut donc que la société maintienne une relation conservatrice entre la dette et le capital, pour se donner une protection accrue.
  4. Couverture de l’actif – cela ne revêt pas autant d’importance que les trois autres tests ci-dessus, mais on effectue de calcul dans la pratique courante. Certaines provinces (dont l’Ontario) exigent que ce ratio soit divulgué dans les prospectus. Les actifs dont la valeur dépasse l’endettement d’une société doivent normalement produire les bénéfices nécessaires pour pourvoir au paiement des intérêts et au remboursement de la dette. En même temps, le ratio de couverture de l’actif montre le montant des actifs (à la valeur comptable) qui couvre l’endettement. Cependant, il faut traiter les actifs avec une grande circonspection car leur valeur réalisable lors d’une liquidation peut être très inférieure à la valeur comptable quand l’entreprise est active.
  5. Évaluation de crédit indépendante – au Canada, Dominion Bond Rating Service et Canadian Bond Rating Service proposent leurs services indépendants de notation d’un grand nombre d’émissions d’obligations, sur la base d’un prix d’abonnement. Ces notations peuvent aider les investisseurs à évaluer la qualité de leurs placements et à confirmer ou infirmer les conclusions tirées de leurs propres analyses et de leur expérience. En se fondant sur leurs recherches approfondies, les agences de notation attribuent une cote aux titres, qui indique leur degré de risque en tant que placements.

Existe-t-il un indice du marché obligataire semblable aux indices S&P/TSX ou S&P 500 pour les actions?

Il existe plusieurs indices du marché obligataire servant à gérer les portefeuilles et à mesurer la performance, de façon semblable aux indices S&P/TSX ou S&P 500.

Un indice du marché obligataire (tout comme un indice boursier) est un composé statistique élaboré et mis à jour par une institution financière ou un service d’information financier, qui suit la performance de l’ensemble du marché obligataire ou d’un secteur en particulier (gouvernements, sociétés, titres adossés à des actifs, etc.), une certaine fourchette d’échéances ou un créneau de qualité de crédit, par rapport à l’ensemble du marché. Parmi ces indices, on note l’indice universel général des obligations SCM, l’indice mondial des obligations gouvernementales Merrill Lynch et l’indice Lehman Aggregate.

Que sont les obligations à coupons détachés, résiduaires, à coupon zéro et de pacotille?

On peut acheter d’un courtier des obligations à coupons détachés pour un minimum de 5 000 $. Comme les bons du Trésor, ces titres se vendent avec un fort escompte et elles reviennent à leur valeur nominale lors de l’échéance. Le rendement garanti devient une protection contre l’inflation.

Le marché des obligations à coupons détachés peut être volatil. Lors des hausses de taux d’intérêt, la longue période d’attente qui reste avant l’échéance peut causer une forte chute de valeur de ces titres. Par conséquent, il est recommandé de les acheter en vue du long terme. Au cas où les taux d’intérêt chuteraient fortement, il serait possible de réaliser des gains en capital substantiels, surtout dans le cadre d’un REER, où l’on enregistrerait alors un gain en capital à impôt reporté.

Le courtier achète des obligations fédérales ou provinciales de haute qualité. Après en avoir détaché les coupons restants, l’obligation qui représente la valeur nominale (capital) est appelée obligation résiduaire et elle se négocie séparément de la feuille de coupons; ces deux titres sont évalués à un escompte important.

En général, les investisseurs qui optent pour des obligations à coupons détachés ou à coupons zéro ne désirent aucun risque de placement, un rendement garanti à l’échéance, ou un montant connu d’avance qui sera encaissé à une date précise, et ils veulent avoir la certitude d’atteindre leur objectif.

Une obligation de pacotille est une obligation dont la notation de crédit correspond à BB ou moins. Ce terme largement utilisé a néanmoins une connotation négative, et les émetteurs ainsi que les investisseurs préfèrent que l’on parle d’obligations à rendement élevé.

Les obligations de pacotille sont émises par des sociétés qui ne possèdent pas un long historique de ventes et de bénéfices ou dont la solidité du crédit peut être mise en doute. C’est un moyen de financement largement utilisé pour les prises de contrôle. Comme ces titres sont volatils et que leur rendement est plus élevé que celui des obligations de qualité pour investir, de nombreux investisseurs qui ont le goût du risque les achètent et les revendent.

Pour en savoir plus sur les obligations

Maintenant que vous maîtrisez les éléments de base (et même plus) sur les obligations, vous voudrez peut-être en savoir plus. Nous vous recommandons alors les ouvrages suivants :

Ouvrages nord-américains en anglais seulement

In Your Best Interest: The ultimate guide to the Canadian bond market, par H.W. (Hank) Cunningham, Women's Issues Publishing Program, éditeur.

Investing in Fixed Income Securities: Understanding the Bond Market, par Gary Strumeyer, John Wiley & Sons, éditeur.

The Only Guide to a Winning Bond Strategy You’ll Ever Need, par Joe H. Hempen et Larry Swedroe, St. Martin's Press, éditeur.

David Scotts Guide to Investing in Bonds, par David L. Scott, Houghton Mifflin Harcourt, éditeur.

Ouvrages en français (de France)

Connaître les obligations, une publication du Journal des Finances (2000)

Les obligations à coupon zéro, par Alban de Clermont-Tonnerre et Michel-André Levy (1992)

Consultez aussi votre conseiller financier pour savoir comment intégrer des obligations dans votre portefeuille.

CES RENSEIGNEMENTS VOUS SONT-ILS UTILES?