Étude de cas
par Third Avenue Management, New York
Pfizer démontre admirablement comment Third Avenue Management de New York – un sous-conseiller d’AIC – tourne la morosité du marché et les piètres données fondamentales à court terme à son avantage au moment d’acheter un titre.
Au début de 2005, les sociétés pharmaceutiques ont été soumises à une énorme pression après que Vioxx, un produit de Merck, ait été retiré du marché, situation qui avait soulevé un vent d’inquiétude sur l’innocuité des médicaments parmi les investisseurs. Pfizer se faisait aussi poursuivre par le fabricant indien de génériques, Ranbaxy, qui s’en prenait au brevet de Lipitor, un médicament qui génère des ventes de 12 milliards $ par année.
L’action, qui se négociait à près de 50 $ US en 2000, avait atteint son plus bas niveau en huit ans, soit 20 $ US à la fin de 2005, après que la société ait retiré ses résultats provisionnels pour 2006 et 2007, et comme les investisseurs réagissaient à la mauvaise nouvelle en se délestant de leurs titres, Third Avenue a profité de l’occasion pour investir dans Pfizer. Tandis que certains investisseurs étaient préoccupés davantage par l’expiration imminente des brevets de Pfizer et à la concurrence que lui livraient les fabricants de génériques, Third Avenue fut séduite par le solide bilan, la rentabilité, les capacités de marketing et le pipeline grandissant de Pfizer.
Même si Third Avenue croyait que Pfizer allait remporter le litige avec Ranbaxy, elle avait déterminé que les dégâts seraient limités dans l’improbable éventualité où Ranbaxy aurait gain de cause. Third Avenue estimait aussi que les perspectives à long terme de l’industrie pharmaceutique étaient attrayantes et que l’action de Pfizer, qui se négociait à un ratio cours/bénéfice de 1/10 ou 1/12, présentait une occasion de placement incontournable.
Third Avenue a initié sa position dans Pfizer à un peu plus de 20 $ US l’action. Entre-temps, Pfizer a gagné sa cause dans le procès intenté par Ranbaxy et maintiendra le brevet de Lipitor jusqu’à 2010. Elle a remanié son équipe de haute direction et a vendu sa division de biens de consommation à Johnson & Johnson pour 16,6 milliards $ US, soit beaucoup plus que l’évaluation du marché des principales activités pharmaceutiques de Pfizer. Le produit de cette vente permettra à Pfizer de racheter des actions et de faire des acquisitions pour alimenter son pipeline déjà en meilleure posture.